De nombreux paramètres entre en compte pour définir le risque de blessure d’une personne sportive. Comme nous le disions dans les articles sur la relation entre le risque de blessures et le sommeil (en qualité et quantité), le sommeil est une facteur prédictif indépendant concernant ce risque. Le type de sport pratiqué (individuel vs. collectif) a une influence significative sur le risque de base.
Ces dernières années, des publications scientifiques se penchent sérieusement sur un lien potentiel entre phase du cycle menstruel et risque de blessures.
Certaines études suggèrent que les fluctuations hormonales pourraient modifier la laxité ligamentaire, la coordination neuromusculaire ou la perception de la douleur, ce qui pourrait influencer le risque de blessure. Une revue indique que les phases du cycle, les irrégularités menstruelles et l’usage de contraceptifs hormonaux ont été examinés pour comprendre leur impact sur les blessures chez les sportives. (à sourcer… et à modifier)
Une étude de Barlow et al. [2] a observé 26 footballeuses professionnelles (âge : 24.1 ± 4.6) pendant 3 saisons. L’incidence globale des blessures, et plus particulièrement celle des blessures musculaires, était la plus élevée en phase prémenstruelle, le risque le plus faible étant observé pendant les règles.
Le risque de blessure musculaire spécifique et la gravité des blessures étaient également significativement plus élevés en P3 et P4 avec une multiplication par 6 du risque de blessures lors de la P4 comparé à la période menstruelle elle‑même.
En conclusions, le risque de blessure était significativement accru pendant la phase lutéale du cycle menstruel (P3 et P4) chez les footballeuses professionnelles de haut niveau. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre l’influence du cycle menstruel sur le risque de blessure et pour développer des interventions visant à atténuer ce risque.
Une autre étude de Ferrer et al [1], menée sur quatre saisons (2019 à 2022) auprès de 33 footballeuses professionnelles, a analysé l’occurrence des blessures en lien avec les menstruations. Cette étude indique ne pas avoir trouvé de différence significative de l’incidence de blessures par rapport aux différentes phases du cycle. Elle met cependant en évidence une gravité de blessures accrues lors de la P1 (phase de menstruations) suggérant un risque accru de blessures plus graves durant cette phase.
L’étude conclus que ces résultats soulignent l’importance d’un suivi menstruel individualisé pour la prévention des blessures et la gestion de la santé des athlètes. Des recherches complémentaires, avec un suivi hormonal précis, sont nécessaires pour confirmer ces observations et éclairer les stratégies d’entraînement, de récupération et de santé chez les athlètes féminines.
Ces deux études semblent être d’accord pour dire que la P2 n’as pas d’influence significative sur le risque de blessures ou leur gravité. Il faudrait, en tant que coach, être attentif aux phases P3 et P4 pour le risque et la gravité et à la phase P1 pour la gravité.
Fort-Vanmeerhaeghe et al. [3] ont suivit 52 athlètes adolescentes (entre 14 et 18 ans) en sports collectifs pendant une saison (2021-2022). Ils mettent en évidence l’influence des phases du cycles sur le bien-être, le sommeil et le risque de blessures.
Des changements significatifs ont été observés pendant la phase lutéale (P3), notamment une moins bonne qualité du sommeil, une fatigue accrue et une incidence plus élevée de blessures sportives. Ici l’étude fait un lien entre la phase P3 et la qualité de sommeil, or nous avons déjà vu que le sommeil est un facteur prédictif de blessure. De plus, l’étude tend à montrer un lien entre la phase P3 et le risque de blessures.
Conclusions
Il semblerait qu’il y ait une relation entre le cycle menstruel et le risque de blessures chez les athlètes féminines. Les résultats convergent vers l’idée que certaines phases du cycle (principalement la phase lutéal (P3), et les phases pré-menstruelle (P4) et menstruelle (P1) dans une moindre mesure) pourraient être associées à un risque accru, mais les mécanismes précis restent encore à clarifier.
La P3 semble avoir également une influence sur le bien être global et la qualité de sommeil, ce dernier ayant déjà été montré comme prédicateur de blessures (cf. nos articles précédents). Il peut être bon de sensibiliser les athlètes féminines sur une attention accrue à porter sur le sommeil lors de cette phase (conseil pour un meilleur sommeil).
Sources
- Ferrer E., Keay N., Balagué-Dobón L., Cáceres A., Jarrin P., Rodas G. and González J. R. (2025) Menstruation and injury occurrence; a four season observational study in elite female football players. Front. Sports Act. Living 7:1665482. doi: 10.3389/fspor.2025.1665482
- Barlow A., Blodgett J. M., Williams S., Pedlar C. R. and Bruinvels G. (2024) Injury Incidence, Severity, and Type Across the Menstrual Cycle in Female Footballers: A Prospective Three Season Cohort Study. Med. Sci. Sports Exerc., Vol. 56, No. 6, pp. 1151–1158, 2024.
- Fort-Vanmeerhaeghe, A.; Pujol-Marzo, M.; Milà, R.; Campos, B.; Nevot-Casas, O.; Casadevall-Sayeras, P.; Peña, J. (2025) Injury Risk and Overall Well-Being During the Menstrual Cycle in Elite Adolescent Team Sports Athletes. Healthcare, 13, 1154. https://doi.org/10.3390/healthcare13101154
